Périmètre
Le périmètre retenu à lorigine pour la création dune Route de la
Châtaigne en Cévennes a été déterminé par le recouvrement de la châtaigneraie avec
la zone périphérique du Parc national et la zone de la réserve de Biosphère des
Cévennes.
Cette châtaigneraie cévenole sétend principalement sur les départements du Gard
et de la Lozère, et sur une dizaine de communes de lArdèche. Elle est limitée au
Sud par les plaines des Gardons, du Sud-Ouest au Nord par les monts qui vont du Lingas au
Mont Lozère, en passant par lAigoual et le Bougès ; la limite Nord-Est est plus
administrative, et correspond aux premières communes de lArdèche faisant encore
partie de la zone périphérique.
La châtaigneraie ardéchoise fait lobjet dun programme de mise en valeur
touristique dans le cadre du Parc naturel régional des Monts de lArdèche, créé
en 2002, et ne relève donc que dans son extrémité Sud Ouest du programme des Chemins de
la Châtaigne.
Les liens avec celui-ci sont néanmoins très étroits et les visiteurs pourront
bénéficier des prestations offertes par les deux structures.

Persistance de la châtaigneraie dans les Cévennes
Après une diminution considérable de leur population pendant plus dun siècle, les
vallées cévenoles bénéficient aujourdhui dune légère augmentation (de
lordre de 2% par an), liée à lattrait des Cévennes pour une population non
rurale plus quà une augmentation des activités agricoles.
La surface de la châtaigneraie est passée de 75 000 ha en 1820 à 22 700 ha 150 ans plus
tard. Lévolution actuelle de la châtaigneraie hésite entre la relance et le
dépérissement, avec des variantes locales très différentes suivant les situations
historiques et géographiques (voir le chapitre PATRIMOINE).
Pourtant, encore aujourdhui, "la châtaigneraie génère du fruit, du bois, du
pâturage, des champignons, du gibier, du paysage et de lidentité
culturelle".
Elle conserve en effet aux yeux de tous ses habitants, y compris les nouveaux, un très
réel caractère de "marqueur identitaire" du territoire, presque aussi fort que
le protestantisme, plus vivant que la soie et plus omniprésent que la mine.
Faisant suite à 30 ans de réflexions au sein de comités et de commissions nationales,
des associations de producteurs et des groupements locaux ont commencé à partir des
années cinquante à mener des actions de relance ou de revalorisation.
A des titres et des niveaux très divers, les Chambres dAgriculture, le Centre
régional de la Propriété forestière, lUnion Languedoc-Roussillon des
Associations castanéicoles, la Coopérative agricole et castanéicole des Cévennes, les
SARL Verfeuille et Fariborne, la Maison de la Châtaigne, lONF, ont entamé des
réflexions et des actions qui témoignent de lintérêt croissant qui se manifeste
autour du châtaignier, de son fruit, de son bois.
Naissance dun projet de route touristique
La persistance de limage et de léconomie de la châtaigneraie dans la culture
cévenole constitue certainement un atout pour la reprise et le développement local. Les
Cévennes constituent une destination touristique assez bien identifiée par le grand
public, mais aucune tentative navait été faite pour tirer parti de cette
importante composante de son identité quest la châtaigneraie.
Une Route touristique à thème pouvait accompagner les efforts de revitalisation qui
étaient faits, montrer aux visiteurs tout lintérêt de ce milieu naturel géré
par lhomme, leur faire (re)découvrir la châtaigne et les amener à en devenir
consommateurs, et leur montrer tout ce qui pouvait être tiré de larbre
lui-même.
Ce moyen est couramment utilisé par les décideurs locaux pour faire découvrir
lidentité et dynamiser léconomie dun territoire, et se construit en
tenant compte des aspects thématiques, mais aussi techniques, économiques, et
commerciaux dun territoire ou dune filière.
Cette idée de Route touristique avait été lancée en 1997 par la Maison de la Nature et
de lEnvironnement et navait pu aboutir complètement par manque de moyens. La
dynamique avait néanmoins permis de réaliser une exposition offrant une synthèse des
différentes approches de la filière, présentant les paysages, la botanique, les
filières bois et fruit et le patrimoine castanéicole dans toute sa diversité ; un
recueil de recettes culinaires à base de châtaigne avait également été imprimé, et
une démarche de reconnaissance par une appellation dorigine contrôlée (AOC) sur
les Cévennes avait été entamée.
Le projet amorcé en 1997 réapparaît aujourdhui avec des ambitions et des moyens
plus grands. Les GAL Espace Cévennes et Entreprise Lozère ont participé en février
1999 au projet de coopération transnational sur la châtaigneraie traditionnelle dont les
objectifs étaient de faciliter laugmentation, la qualification et la valorisation
économique de la production castanéicole et de concevoir une Route européenne de la
Châtaigne pour en assurer la promotion touristique.
Le projet associait Portugal, Espagne, France et Italie.
Pour les Cévennes, la maîtrise douvrage du projet a été confiée au Parc
National des Cévennes, entouré dun comité de pilotage formé autour du groupe de
travail qui sétait précédemment constitué. Le projet a reçu lappellation
de Chemins de la Châtaigne.
Le terme de Chemins, au pluriel, évoque la grande diversité des itinéraires possibles
et une certaine lenteur nécessaire à la découverte en profondeur. Plutôt que des
itinéraires proprement dits, ce sont des sites qui sont proposés aux visiteurs, chacun
pouvant décider du but et de la nature de ses visites ou de ses randonnées.
En septembre 2001, une étude de faisabilité a conclu à la viabilité du projet, après
un diagnostic de territoire et des contacts avec les acteurs de terrain, et proposé une
stratégie touristique. Cette étude et les premières actions de communication ont été
financées par des crédits Leader II, par le Parc national des Cévennes et par les
Conseils généraux du Gard et de la Lozère.
Un réseau d'acteurs
Les Chemins de la Châtaigne se proposent de faire connaître les initiatives
contemporaines qui participent à la renaissance actuelle de la châtaigneraie et au
renouvellement de son image tout en établissant les liens nécessaires avec le passé.
Ils souhaitent contribuer à donner au territoire une meilleure cohérence sociale et
économique en jouant la synergie entre deux activités importantes, lagriculture et
le tourisme.
La maîtrise douvrage du projet a été transférée à la fin du premier trimestre
2002 à une association regroupant les partenaires de terrain et les différents
organismes associés jusquici à la démarche.
Ces partenaires sont les producteurs et les professionnels qui fabriquent ou transforment
des produits à base de châtaigne ou à partir de bois de châtaignier, et les
particuliers, associations, organismes ou collectivités qui offrent des prestations ou
des animations qui font connaître le patrimoine castanéicole.
La mise en réseau de ces différents partenaires devrait enfin permettre délaborer
une offre de découverte de lensemble des activités liées à la châtaigneraie,
présentées par ceux qui y travaillent, et de mieux organiser la fréquentation
touristique dans lespace et dans le temps.
Cette mise en réseau devrait avoir un effet bénéfique sur la consommation des produits
et des prestations proposées par les adhérents et fidéliser les visiteurs, en les
adressant à dautres adhérents pour découvrir dautres activités ou
dautres lieux.
Cette complémentarité et cette diversité, liées à une qualité de laccueil et
des prestations garanties par la charte, permettront de promouvoir les produits de la
châtaigneraie et de contribuer à une évolution des habitudes de consommation, dans un
contexte ou les produits de terroir sont de plus en plus recherchés.
Les acteurs institutionnels qui ont été à linitiative du projet restent très
présents et participent au Conseil dadministration de lassociation. Ils
apportent également une assistance technique et contribuent à son financement.
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